Rue de la Peratoure

Je m’organise tant soit peu la première semaine mais je n’ai pas d’argent, pas de travail et pas de carte d’alimentation. Daniel Geffroy doit me rejoindre pour partir au Maroc. Son camarade Luxembourgeois, Guy Hoffmann arrive à son tour, pas de problème pour la chambre. L’ épicière Madame Gagne Thérése veuve de son mari qui est mort en 1933 d’un accident de chasse, nous ravitaille en nous faisant crédit, sans tickets.Nous ramassons des escargots mais ne sachant les cuisiner nous attrapons tous deux une indigestion . Nous ramassons aussi des poireaux sauvages. Il y a deux bicyclettes à rafistoler à la maison. Cela nous facilite la recherche de travail. Je suis comptable, Guy est fourreur mais nous acceptons n’importe quel travail. On nous indique un embauchage à la carrière de plâtre de Malaucène, nous sommes embauchés de suite, avec un pâtissier. La besogne est dure pour qui n’est pas du métier. Il faut charger des wagons de pierres à plâtre, en plus de la chaleur règne la poussière. Au repos de midi nous nous endormons sur l’herbe au lieu dit le grozeau proche de la source qui sort d’une falaise et nous rafraîchit. Il y a un mini étang. Dans la journée nous avons de brèves accalmies de travail lorsque l’on procède aux tirs de mines. Guy prétexte souvent d’un besoin naturel pour échapper au boulot. L’allure n’est d’ailleurs pas rapide, le contre maître râle souvent pour cela. Notre besace est maigre : nouilles et radis. Un après midi nous dormons jusqu’à 15 heures, nous étions exténués et le ventre creux. Le contremaître M xxxxxx nous demande les raisons de notre retard. Nous lui expliquons que nous sommes allés voir un copain à Bédoin. Il ne nous croit pas car il nous aurait fallu six heures pour faire le trajet à pied aller-retour. Nous lui avouons que ce métier ne nous convient pas, nous préférons l’agriculture. De plus il nous demandait, même exigeait d’être présent au lever des couleurs sur la place de Malaucène. C’était un partisan de Pétain et des allemands. Les ouvriers disaient en raillant son nom. On le pendra haut et xxxxx !! Nous décidons de ne plus aller à l’usine. Guy propose même de ne pas réclamer nos 3 jours de paie, mais c’était trop précieux, nous les avons réclamés. Nous dirigeons nos recherches vers les travaux de campagne
( A vos commentaires, à bientôt pour la suite)

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