Vue d’un Normand dit « gégéne »

La guerre de 1939 à 1941 (écrit par Eugène Leprovost 1913/1993)

Passage de la ligne de démarcation. Arrivée en Vaucluse.

Quel repos ! en zone libre ! le ravitaillement est plus copieux.

Je vais continuer ma route. Le train est direct de Lyon à Avignon, j’ai connu cette ville en 1933 année où nous l’avons visité avec la troupe et éclaireurs pendant notre camp de vacances au Pont du Gard.

C’est dimanche. Il existe un car jusqu’à Carpentras, la ville des Berlingots. Par contre pas de car pour Le Barroux le dimanche. Il y a 12 km à parcourir à pied, du boulevard du Nord j’aperçois le village dans la montagne. Ce n’est pas la mer à boire !

A mi chemin je crois être arrivé mais ce n’est que le hameau de serres dépendant toujours de Carpentras Il y a encore 7 km à parcourir, mes pieds sont fatigués ; Il me reste encore 800 mètres de côte assez raide. Enfin voilà Le Barroux et la maison des GEFFROY.

M. GEOFFROY, le père de mon copain scout Daniel avait fait la guerre 14/18 en Syrie et avait attrapé les fièvres paludiennes . Pour sa santé il avait chercher un village du midi pour y venir en vacances où y rester, prenant durant son voyage de recherche le car de Carpentras au Buis, il descendit au Barroux quant il vit ce village qui le ravissait. Il loua un local puis acheta une ferme où il fit venir des chevaux bretons ( il était lui aussi breton) qu’ils vendaient aux cultivateurs dont les chevaux étaient réquisitionnés . Dans nos assemblées de parents scouts pendant 10 ans il insista pour que nous fassions un camp de vacances au Barroux nous ventant la région, nous ne l’avons jamais écouté et voilà que les circonstances m’ y aménent malgré moi. C’est la famille voisine des Geffroy qui m’accueille les Marcellin Emile ET Yvonne et la mère d’’Yvonne et aussi leurs 3 enfants. Pendant 8 jours, ils me nourriront, je n’ai évidemment pas l’accent provençal, mes vêtements sont fripés, je porte un béret basque, celui des Pétainistes paraît il. Ici on a la casquette, ma barbe n’est pas rasée. L’ habitation des Geffroy est abritée du mistral avec remise et écurie au rez de chaussée, ni eau, ni électricité mais 3 chambres au 1er et une cheminée à bois. La fontaine publique est près d’une épicerie à 60 mètres, je m’éclaire à la lampe à pétrole. Une vie nouvelle commence !

Rue de la Pératoure

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